Madagascar, un petit paradis du chocolat

Madagascar, un petit paradis du chocolat

Le cacao de Madagascar, l’île continent, est l'un des plus fins que l’on puisse trouver au monde. Il s’agit d’une origine vraiment particulière qui attire aujourd’hui les meilleurs chocolatiers de la planète, notamment pour sa fève blanche au goût unique, et qui ne représente qu'une partie minime de la production mondiale.

Le cacao à Madagascar a une histoire relativement récente, qui ne remonte qu’au début du 20ème siècle. La plantation Millot est la plus ancienne du pays. Son fondateur Lucien Millot l’a créée en 1904, à Andzavibe, dans la plaine fertile de la Sambirano, après s’être essayé tout d’abord aux arbres à caoutchouc.

Ses plants provenaient des Indes néerlandaises, plus précisément du jardin botanique de Buitenzorg (aujourd’hui Bogor), à Java, Indonésie. Cet arbre atteint son plein rendement après 7 à 10 ans de croissance et peut vivre un siècle.

Si ce cacao est unique, c’est parce que Madagascar est unique. Il est produit sans engrais dans une terre qui a développé une flore endémique, garantissant son goût si particulier. Chocolatiers et chefs pâtissiers se l’arrachent et une « Indication Géographique » est à l’étude.

Sa légère amertume n’est pas commune et révèle des goûts d’agrumes avec des notes fruitées, disent les spécialistes au sujet de son arôme particulier. Il serait rond en bouche… En tant que gourmands, nous confirmons... 


 Fèves blanches, rouges ou hybrides…

Créée en 1940, la Chocolaterie Robert est la première entreprise à avoir produit des chocolats 100 % malgaches sur place. C’est la chocolaterie locale par excellence. Grâce aux différents terroirs du pays, ses arômes se déclinent en une gamme de goûts bien différents.

Sans oublier Menakao, une autre marque mettant en valeur la finesse du cacao de la Grande Ile. Ses chocolats sont fabriqués à partir des fèves rouges de la vallée du Sambirano, face à l’île de Nosy Be. Les ethnies malgaches, comme les Betsimisaraka, Mahafaly, Antanosy, Bara et Merina, sont représentées sur l’emballage des tablettes.

Si la variété de fève claire Criollo est la plus courante à Madagascar, les cacaoyers Forastero (ou Tamatave), de qualité moindre mais plus rentables et plus résistants, sont aussi utilisés depuis longtemps, après avoir été introduits par les missionnaires français.

Des croisements furent effectués afin de combiner les qualités des deux plantes et aujourd’hui cette variété hybride constitue environ 30% du cacao produit sur place. A 6 euros environ, selon les fluctuations des cours, c’est le prix d’une qualité rare… Madagascar ne représente même pas 1% de la production mondiale. 


 Un remède contre la déforestation

Depuis son introduction, le cacao a toujours été une affaire de femmes. C’est elles qui en font la cueillette et vident tout de suite les cabosses de leurs fèves, direction les bacs de fermentation, une étape importante de la production, avec cette odeur entêtante si particulière.

Si les périodes de récolte s’étendent durant toute l’année, les pics de production s’étalent entre juin et novembre. Il faut savoir que la production est restée à échelle humaine, les petites exploitations agricoles fournissant 80% de la production totale.

Grâce au cacao, le nord de Madagascar a échappé à la déforestation catastrophique qui continue de ravager l’île. Les plaines du nord, et surtout du nord-ouest, sont recouvertes à perte de vue de cacaoyers qui peuvent atteindre plus de 10m.

L’immense majorité de la production nationale est concentrée dans cette partie du territoire, particulièrement dans les régions de Diana et du Sambirano. Si la production est minime à l’échelle mondiale, cette filière cacao est très bénéfique pour l’économie du pays. 

Un pur noir champion du monde

En effet, elle s’implante de plus en plus sur les marchés européens et américains, générant un revenu important. Les chocolats produits à 100% avec du cacao malgache se répandent aujourd’hui dans les épiceries fines et autres boutiques de luxe du monde entier.

Classé « Cacao Fin » par l’International Cocoa Organization (ICCO), le cacao malgache est parmi les meilleurs du monde à l’heure actuelle. Les perspectives sont au beau fixe. Avec une production annuelle située entre 8000 et 9000 tonnes, Madagascar n’est classée que 20ème producteur mondial et dispose d’une marge de progression importante.

A l’image de la Chocolaterie Robert, qui vient de rejoindre à l’échelle internationale . la catégorie « Planteur – Chocolatier » depuis 2015. Cette entreprise qui est une fierté nationale vient aussi d’acquérir une nouvelle zone de plantations à Ambanja, toujours au nord-ouest.

Son chocolat noir a été sélectionné comme le meilleur chocolat noir pur au monde, puis a remporté la Cabosse d’Or et la Médaille d’Or de l’Academy of Chocolate, en 2017 à Londres. Cette entreprise en plein boum continue aussi de s’approvisionner auprès des petits paysans producteurs, garants de son label d’authenticité. 

Un magnifique parcours VTT

Pour partir à la découverte des plantations de cacao, Madagascar Autrement vous propose un circuit VTT accompagné d’un guide local qui connaît mille choses sur cette région et bien sûr sur le cacao ! Et au programme également, à proximité des plantations, découverte des huiles essentielles et de l’ylang-ylang.

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